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Malika Gaïd, l’infirmière qui choisit la liberté


Dans l’histoire de la Révolution algérienne, certaines figures ont marqué les consciences par leur courage exceptionnel et leur engagement sans faille. Parmi elles, Malika Gaïd demeure le symbole d’une jeunesse qui a choisi de consacrer sa vie à la liberté de son peuple. Infirmière, militante indépendantiste et combattante, elle a incarné jusqu’à son dernier souffle les valeurs de sacrifice, de dévouement et de patriotisme.
Née le 24 août 1933 à Belouizdad, à Alger, Malika Gaïd grandit au sein d’une famille profondément attachée à la cause nationale. Son père, ancien enseignant ayant quitté volontairement l’administration coloniale, transmet à ses enfants des convictions indépendantistes fortes. Benjamine d’une fratrie engagée, elle évolue dans un environnement où l’amour de la patrie et le sens du devoir occupent une place centrale.
Après ses études primaires à Alger puis à Bordj Bou Arreridj, elle intègre en 1948 l’école paramédicale de Sétif. Trois ans plus tard, elle obtient son diplôme d’infirmière sage-femme et commence à exercer dans plusieurs établissements de santé, notamment à Kherrata, Lafayette (Bougaa) et Guenzet.
Très tôt, sa profession devient également un moyen de servir la cause nationale. Convaincue que la lutte pour l’indépendance exige l’engagement de tous, elle apporte discrètement son soutien aux moudjahidines en leur fournissant médicaments et matériel médical, souvent au péril de sa propre sécurité.
Le 13 juin 1955, son destin prend un tournant décisif lorsqu’elle est contactée par le légendaire colonel Amirouche Aït Hamouda, chef de la Wilaya III. Répondant à son appel, elle rejoint les rangs de l’Armée de Libération Nationale. Avec trois autres infirmières de sa promotion — Louisa Atouche, Fatma Zohra Oumedjkane et Yamina Cherrad — elle choisit de quitter le confort relatif de la vie civile pour rejoindre le maquis.

Dans la vallée de la Soummam, Malika Gaïd met ses compétences au service des combattants blessés. Elle participe également à un moment historique de la Révolution en assistant au Congrès de la Soummam, tenu clandestinement le 20 août 1956 dans le village d’Ifri. Cet événement majeur marquera durablement l’organisation de la lutte de libération nationale.
Mais son engagement ne se limite pas aux soins médicaux. Sur le terrain, elle partage les conditions difficiles des combattants, affrontant les dangers quotidiens de la guerre avec une détermination remarquable.
En juin 1957, alors qu’elle n’a pas encore vingt-quatre ans, Malika Gaïd tombe au champ d’honneur dans une grotte transformée en hôpital de campagne près de M'Chedallah. Lors d’une vaste opération militaire française dirigée par le général Marcel Bigeard, elle défend courageusement les blessés qui y sont abrités. Jusqu’à son dernier instant, elle reste fidèle à sa mission : protéger, soigner et servir.
Son sacrifice fait d’elle l’une des héroïnes les plus emblématiques de la Révolution algérienne.
Aujourd’hui encore, son nom demeure vivant à travers plusieurs lieux qui lui rendent hommage :
un lycée à Sétif, une rue à Bouira ainsi qu’une importante artère à El Biar, sur les hauteurs d’Alger. La Nation algérienne lui a également décerné à titre posthume la distinction d’Athir de l’Ordre du Mérite National.


Le mot de la fin de HORA
Plus qu’une infirmière, plus qu’une combattante, Malika Gaïd fut une femme de conviction qui fit de sa vie un acte de résistance. Son parcours rappelle que l’indépendance de l’Algérie s’est aussi construite grâce au courage de femmes d’exception, dont l’engagement continue d’inspirer les générations d’aujourd’hui et de demain.
Rédaction/ Hakima /G – Hommage aux Femmes qui ont marqué l’Histoire
HORA magazine / FEMME DU MOIS / Mai 2026

