OCTOBRE ROSE 2026
PRENDRE SOIN DE SOI, C’EST AUSSI PRENDRE SOIN DES AUTRES
Derrière le ruban rose, il y a des femmes, des histoires singulières, des inquiétudes parfois silencieuses, mais aussi des gestes simples qui peuvent faire la différence. À l’occasion d’Octobre Rose, la sensibilisation au cancer du sein nous invite à regarder la prévention autrement. Et si la solidarité commençait, tout simplement, par l’attention que l’on se porte à soi-même ?

Prendre soin de soi, sans culpabiliser
Dans le tourbillon du quotidien, entre le travail, la famille, les rendez-vous et les mille petites choses dont il faut s’occuper, prendre du temps pour soi passe souvent après le reste. On reporte un rendez-vous médical, on minimise un symptôme, on se dit que l’on verra plus tard. Non par négligence, mais parce que la vie ne nous laisse pas toujours beaucoup de répit.
Octobre Rose nous rappelle qu’il est important de ne pas s’oublier. Non pas pour ajouter une nouvelle obligation à nos journées déjà bien remplies, mais pour nous réapproprier une chose essentielle : notre santé.
Agir pour soi, c’est aussi agir pour les autres. Cette conviction dépasse la seule prévention. Prendre soin de soi, ce n’est pas être égoïste. C’est aussi se donner la possibilité d’être présente pour ceux que l’on aime, tout en se rappelant que notre santé nous appartient d’abord.
Le dépistage, un geste personnel qui compte
Le cancer du sein touche des femmes aux parcours, aux âges et aux histoires très différents. Il ne se résume ni à un ruban ni à une campagne de communication. Derrière les chiffres, il y a des vies bouleversées, des familles qui s’inquiètent, des amitiés qui se resserrent et des femmes qui avancent chacune à leur manière.
S’informer sur le dépistage, connaître les recommandations de santé adaptées à sa situation et échanger avec un professionnel de santé sont autant de démarches qui permettent de prendre soin de soi. Chaque femme doit pouvoir accéder à une information fiable et à un accompagnement adapté à ses besoins.
Quel que soit son âge, une modification inhabituelle du sein mérite un avis médical, sans attendre.
S’informer, poser des questions, prendre rendez-vous : ces gestes peuvent sembler ordinaires. Ils sont pourtant une façon concrète de devenir actrice de sa santé, sans céder à la peur ni vivre sous la menace permanente de la maladie.
Entre femmes, une solidarité qui ne fait pas de bruit
La solidarité féminine ne se mesure pas au nombre de rubans roses portés, de publications partagées ou d’événements auxquels on participe. Elle se niche aussi dans des gestes plus discrets : envoyer un message à une amie qui hésite à consulter, accompagner une proche à un rendez-vous, écouter sans chercher immédiatement les mots justes, respecter le silence de celle qui ne souhaite pas parler.
Toutes les femmes ne vivent pas Octobre Rose de la même façon. Pour certaines, ce mois est un temps de mobilisation et de rencontres. Pour d’autres, il ravive un souvenir douloureux, une période de traitement, l’absence d’une mère, d’une sœur ou d’une amie. Certaines préfèrent agir dans la discrétion. D’autres ne se sentent tout simplement pas concernées personnellement.
Il n’y a pas une seule bonne manière de participer, ni une obligation d’afficher son engagement. La solidarité commence aussi par le respect de ces différences, par une présence sincère et par la possibilité de parler de la maladie sans réduire celles qui la traversent à leur combat.
Derrière le ruban rose, des femmes avant tout
Il est important de rappeler que le cancer du sein ne définit jamais entièrement une personne. Une femme touchée par la maladie reste une femme avec ses envies, ses projets, ses contradictions, son humour, ses fragilités et ses forces. Elle n’a pas à être courageuse à chaque instant, ni à transformer son expérience en leçon de vie pour les autres.
L’accompagnement, c’est aussi accepter les jours où le moral n’est pas au rendez-vous, les moments de lassitude, les besoins de solitude. C’est proposer de l’aide sans l’imposer et ne pas oublier la personne derrière le diagnostic.
Au-delà d’Octobre Rose, cette attention mérite de durer toute l’année. Car soutenir une femme, ce n’est pas seulement être présente au moment de l’annonce ou pendant les traitements. C’est continuer à prendre de ses nouvelles, longtemps après, sans supposer que tout est redevenu simple.
Agir, à sa façon
On peut s’informer sur la santé du sein, prendre un rendez-vous que l’on repousse depuis trop longtemps, partager une information fiable, soutenir une association ou simplement être à l’écoute. On peut aussi commencer par parler de santé sans gêne, encourager une proche à poser ses questions à un professionnel de santé et apprendre à reconnaître les moments où l’on a soi-même besoin d’aide.
L’essentiel n’est pas de faire plus, ni de faire du bruit. C’est de faire un geste juste, à son échelle, avec bienveillance.
En octobre, le rose attire le regard. Mais le message le plus important est peut-être celui qui reste lorsque les affiches disparaissent : notre santé mérite notre attention, et personne ne devrait avoir à traverser la maladie sans écoute ni soutien.
Prendre soin de soi n’est pas un acte égoïste. C’est une manière de se respecter, de préserver sa liberté et, parfois, de tendre la main aux autres.
Loubna Feirouze EL MAHMOUDI
Journaliste internationale
Fondatrice Women In Leadership

HORA magazine / Octobre Rose / Oct 2026

