ARTS & CULTURE / Découverte

par horamagazine

Lydia Ourahmane


Habiter la matière
 
 
Parfois, l’art ne se donne pas comme une réponse, mais comme une manière d’être au monde. Dans le travail de Lydia Ourahmane, la matière devient récit silencieux et le geste une façon d’habiter la mémoire, le déplacement et l’expérience vécue. Son œuvre n’impose rien ; elle accompagne, invitant à une attention douce et à un temps ralenti.
 
 Née en Algérie et formée entre plusieurs territoires, son parcours traverse des frontières à la fois géographiques et intimes. Cette expérience du déplacement — vécue et intériorisée — n’apparaît pas dans son œuvre comme un discours, mais comme une présence discrète, presque tactile. Chaque pièce semble porter une trace, un fragment de vécu qui demeure.
 
 Dans ses sculptures et installations, les matériaux ne sont jamais neutres. Métal, objets trouvés, surfaces marquées par le temps ou l’usage deviennent des porteurs de mémoire. Ils ne cherchent ni l’effet ni la démonstration, mais invitent à se souvenir : d’un lieu, d’une absence, d’une tension entre l’ancrage et le mouvement.


frieze Londres 2019 / bas relief – Lydia Ourahmane

Lydia Ourahmane travaille dans une économie précise du geste. Rien n’est superflu. Son langage est sobre, contenu et profondément humain. Face à ses œuvres, le regard n’est pas guidé ; il est accueilli. Le spectateur est invité à ralentir, à ressentir, à entrer dans une relation silencieuse avec la matière.
 
 Il y a dans sa pratique une forme de respect — pour les matériaux, pour les contextes, pour celles et ceux qui regardent. Cette attention discrète confère à son travail une résonance particulière aujourd’hui, à l’heure où l’image rapide et le message immédiat saturent notre quotidien.


le troisieme choeur / Lydia Ourahmane 2014

Plutôt que de traiter l’identité comme un concept figé, Lydia Ourahmane la traverse comme une expérience vivante. Ses œuvres n’apportent pas de réponses closes, mais ouvrent des espaces de présence, de réflexion et de mémoire partagée.
 
 Découvrir le travail de Lydia Ourahmane, c’est accepter une invitation discrète mais profonde : regarder sans hâte, laisser la matière parler et y reconnaître des fragments de nos propres expériences. Dans ce geste contenu et cette attention au temps, son œuvre nous rappelle que l’art peut aussi être un lieu de rencontre, de mémoire partagée et de présence apaisée.


Le Pays du Soleil. 2014 / Lydia Ourahmane

Article d’Antonio P. Gutiérrez

A.P.G. Historical Research

HORA magazine / ARTS & CULTURE / Janvier 2026

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