De notre belle casbah d’Alger
Débute notre soirée
De la Casbah d’Alger commence la soirée, sur ses ruelles qui serpentent entre ciel et mer, entre pierre et mémoire.

C’est Bologhine ibn Ziri qui, au Xe siècle, posa les fondations de la ville d’Alger sur l’ancienne Icosium romaine, et donna naissance au nom al-Djazayr, qui désigne à la fois la capitale et le pays tout entier, comme un souffle de continuité à travers les siècles.
La Casbah s’élève majestueuse sur l’un des plus beaux sites méditerranéens, surplombant les îlots où, dès le IVe siècle avant notre ère, les Carthaginois avaient établi un comptoir. Citadelle et médina, elle est unique : un mélange vivant de palais ottomans, de mosquées anciennes, de vestiges de forteresses et de ruelles qui respirent encore le parfum des histoires passées.
À l’époque ottomane, N'fissa et Fatma, deux jeunes filles du dey Hassan Pacha, illuminaient la Casbah de leur jeunesse et de leur beauté. N'fissa, au visage ovale et aux yeux bleu clair, portait dans ses cheveux châtain clair la fragilité et la délicatesse des pierres anciennes qui l’entouraient.
Les sept portes de la Casbah — Bab Sidi Ramdan, Bab Jdid, Bab Azzoun (aux deux portes), Bab Dzira, Bab Labhar et Bab el-Oued — sont autant de passages vers des siècles de légendes et d’échanges, témoins d’un destin méditerranéen qui a façonné l’âme de la ville et bouleversé celle de ses voisins.
Habité depuis au moins le VIe siècle avant notre ère, ce site a connu le passage des Phéniciens, des Zirides, des Ottomans, laissant à chaque époque sa marque. Aujourd’hui, près de 50 000 habitants vivent encore dans cette toile de pierre et de lumière, où palais, hammams, mosquées et souks racontent la stratification des traditions, l’harmonie entre mode de vie musulman et influences méditerranéennes.
La Casbah d’Alger est bien plus qu’un lieu : elle est un témoignage vivant d’une culture méditerranéenne, un exemple d’urbanisme et d’architecture qui, des XVIe et XVIIe siècles à nos jours, continue d’inspirer l’Afrique du Nord, l’Andalousie et l’Afrique sub-saharienne. Elle est la mémoire palpable d’un peuple, un poème de pierre où passé et présent se côtoient dans la lumière d’Alger.
Article de Mme Zineb /D

L’Aïd el-Fitr à Alger
Entre Tradition et Modernité
À Alger, l’Aïd el-Fitr est un moment de célébration où se mêlent souvenirs d’enfance, traditions séculaires et touches de modernité. Dans les ruelles animées et les salons lumineux, les familles se préparent à accueillir cette fête avec un mélange subtil de respect des coutumes et d’innovations contemporaines.
Les gâteaux de l’Aïd, autrefois simples et traditionnels, connaissent aujourd’hui une véritable renaissance. Les baklavas, makrouts et cornes de gazelle se réinventent avec des ingrédients nouveaux ou des présentations revisitées, alliant esthétique moderne et saveurs ancestrales. Chocolat, pistache, fruits secs ou décorations créatives trouvent leur place sur des plateaux soigneusement préparés, où chaque bouchée raconte une histoire, celle de la transmission familiale et de l’ouverture aux tendances culinaires mondiales.
Côté vêtements, les tenues traditionnelles des femmes et des hommes algérois connaissent elles aussi une modernisation élégante. Le haïk, le karakou ou la gandoura se parent de tissus raffinés, de broderies revisitées ou de coupes contemporaines, permettant aux nouvelles générations de célébrer l’Aïd avec élégance tout en restant fidèles à leur héritage culturel. Les couleurs vives et les détails subtils reflètent un équilibre entre identité et modernité, entre respect des racines et expression personnelle.



Cette dualité entre tradition et innovation ne se limite pas aux préparatifs : elle se vit dans les visites familiales, les échanges de cadeaux et les moments de partage, où les anciens racontent et les jeunes créent, faisant de chaque Aïd une expérience à la fois intemporelle et résolument actuelle.
Mot de fin : L’Aïd el-Fitr à Alger est bien plus qu’une fête ; c’est un pont entre passé et présent, une célébration de la culture algéroise qui se réinvente sans jamais renier ses racines, et un hommage à l’art de vivre, toujours renouvelé, de cette ville au cœur de la Méditerranée.
Article de Mme Zineb /D
El Hayek Algérois zine ou hema

Le hayek algérois, zine ou hema, n’est pas qu’un vêtement : il est une histoire, un souffle de pudeur et de force, une élégance silencieuse qui traverse les siècles. Il raconte, à travers ses plis et sa lumière, la grandeur des femmes d’Alger, leur dignité et leur courage, héritage intemporel qui se glisse avec grâce entre les ruelles de la ville blanche.
Tissé de laine, de soie ou de soie synthétique, le hayek s’étendit rapidement à travers l’Algérie, s’adaptant aux coutumes et aux besoins des régions qu’il touchait. Parmi ses variantes, le haïk m’rama, apparu à la fin du XIXe siècle, devint l’emblème des femmes citadines d’Alger et de sa banlieue. Son blanc immaculé illuminait les rues et inspirait les poètes, les chanteurs chaâbi et tous ceux qui voulaient chanter la beauté et la dignité féminine. À Constantine, c’était le noir du deuil qui habillait les femmes, hommage silencieux au bey disparu, et expression d’un rituel collectif où le vêtement devenait langage.




Durant la guerre d’indépendance, le hayek retrouva toute sa puissance. Les femmes le portaient comme une armure discrète, cachant parfois des armes, défiant la surveillance coloniale et affirmant leur rôle essentiel dans la lutte. Dans ses plis modestes se lisait la résistance, la volonté de préserver l’identité et la liberté, de rester maîtresse de son corps et de son esprit face aux oppressions.
Immortalisé à l’écran par La Bataille d’Alger (1966) de Gillo Pontecorvo, le hayek reste le symbole d’une élégance armée de courage, la mémoire vivante d’un peuple et de ses femmes, silencieuses mais infiniment présentes. Dans ses ondulations blanches, la ville d’Alger trouve le reflet de ses ruelles, de son histoire et de sa lumière : un poème tissé dans la toile et dans le temps.
Article de Mme Zineb /D
Conseils aux jeunes femmes
Jeunes femmes d’Alger et d’Algérie, ne laissez pas tomber le hayek, ce fil de notre histoire et de notre identité. Il est plus qu’un vêtement : il est mémoire, élégance et force silencieuse de nos aïeules.
Le hayek est notre voix dans les ruelles blanches d’Alger, notre héritage tissé dans la laine et la soie, reflet d’une culture unique et intemporelle. Remplacer ce patrimoine par le voile intégral ou le hijab, venus d’ailleurs, ce n’est pas simplement changer de tissu : c’est s’éloigner d’une identité algéroise et algérienne, forgée par des siècles d’histoire, de beauté et de résistance.
Portez le hayek avec fierté, honorez vos racines, et laissez vos plis raconter au monde la grandeur et la dignité des femmes de votre terre. Car chaque mouvement du hayek est un poème, et chaque femme qui le porte, un symbole vivant de notre culture.
Clôturant cette belle soirée par une belle chanson qui a tjrs bercer nos aïds
Célèbre de notre maitre abdelkrim dali
Men Zinou nhar elyoum saha aidkoum
Ce soir une belle reprise de Nacreddine Chaouli / Rym HAkiki
Saha Aidekoum
HORA magazine / Event by Hora / mars 2026

